Le bien-parler : dérive à vau-l’eau ? [2]

• Rédigé par Marc Bonnant - -

Un jour peut-être, faudra-t-il s’excuser de parler correctement, au motif que l’effort consenti à la production d’un langage soigné dissimulerait une intention malicieuse ou suspecte, une volonté d’avilissement. Cette inversion des valeurs, modalité du nivellement par le bas, s’inscrit dans le prolongement d’une tendance résolument libertaire, chantant les vertus de la paresse, de la désinvolture et du débraillement : refuser toute contrainte, telle est la devise des apologètes du nonchaloir. Piétiner le bien-parler ? Certes, mais non sans promouvoir l’écriture inclusive… Étrange époque que la nôtre, où le culte des minorités n’a jamais autant encouragé les faibles à demeurer dans la faiblesse.

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Solipsisme

• Rédigé par Marc Bonnant - -

Quelque chose préside à toute solitude heureuse ; un fait précurseur qui en a instillé le premier ferment. Ce peut être un paysage, un récit, une mélodie, une évocation discrète mais vivace ayant suscité la rencontre de soi à soi, la seule qui vaille.

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Abjuration de la langue maternelle

• Rédigé par Marc Bonnant - -

Qui peut se prévaloir de posséder deux langues excellemment et à compétence égale, sinon le savant ? Il ne suffit pas de manipuler quelques concepts ni d’assurer les rudiments de la conversation pour prétendre connaître un idiome dans toutes ses subtilités, encore faut-il en maîtriser les différents registres, la richesse prosodique, la ductilité structurelle.

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