La fugacité des formes et des couleurs, voilà ce qu’il nous restera lorsque le langage aura disparu. Quelque chose d’absolument vain, dépourvu de toute finalité, qui traversera nos cortex dénervés comme le ferait le vent dans la ramure d’un arbre.
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L’acte de langage le plus élémentaire, celui de nommer les choses, nous est si naturel qu’il semble procéder pareillement à tous ces mécanismes fonctionnels conditionnant notre état de survie et relevant du système nerveux autonome ; on nomme comme on respire, c’est-à-dire sans s’en rendre compte, sans le vouloir ni même comprendre pourquoi et comment cela survient.
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Tout l’esprit des forêts est contenu dans une hypallage de Virgile : « Ibant obscuri sola sub nocte per umbram. » (Aen., VI.268) L’incertitude de cette nuit solitaire traduit-elle la crainte que le retour parmi les mortels ne soit pas la finalité du périple, puisque la porte de l’Averne, oubliée sitôt franchie, ne saurait être transgressée qu’une seule fois ?
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