En pays mandubien, il existe une variété de revenants dont les émanations diaphanes concurrencent le brouillard jusqu’à la plus parfaite indifférenciation. Dans de longues itinérances, ils traversent la campagne comme de la guipure en charpies, avec cet accablement torpide que l’on prête aux égrotants ; parfois, sans même s’en rendre compte, ils laissent traîner leurs mains filandreuses sur l’épaule du passant tardif, qu’un frisson saisit aussitôt.
Lire la suite de Les erratiques
« Avoir la passion de l’absence ne console pas d’exister, m’avez-vous dit ce jour-là. J’entends encore vos paroles, trop fidèlement peut-être, comme si vous veniez de les prononcer, alors qu’une éternité nous sépare de notre dernière rencontre.
Lire la suite de Dernière lettre à Margaux
C’était l’absence d’étiquette qui avait enflammé la curiosité de Karl, d’autant qu’il ne restait rien du mécanisme de cette cassette sinon l’essentiel, à savoir les deux moyeux crantés supportant la bobine, miraculeusement préservée dans le boîtier qui avait craqué sous sa chaussure, au plus profond d’une futaie de durelins située à plusieurs lieues du premier écart, un endroit où le seul artefact qu’on pût espérer croiser était une vieille aire de charbonnage ou l’arase d’une cahute.
Lire la suite de Sauerwald
Depuis près d’une semaine, Orphée se postait quotidiennement sur un promontoire rocheux duquel il inspectait à la longue-vue une chaise blanche qu’on avait installée au bord de la rivière, en contrebas, et qui, ponctuellement, disparaissait pour reparaître sans que jamais, jusqu’alors, il ne put savoir à qui elle appartenait.
Lire la suite de Doppelgänger