Iconographie hiémale
Si l’hiver est à ce point représenté dans la « peinture de paysage » du XIXᵉ siècle, c’est en partie grâce aux grandes éruptions volcaniques de 1809 et au changement climatique dont elles furent la cause, puisque toute l’Europe basculait alors dans des frimas qu’elle n’avait pas endurés depuis deux cents ans.
Mais à ceci devait s’ajouter l’influence du Romantisme sur l’art en général et sur la figuration de la nature en particulier. Les scènes d’hiver, que la Renaissance avait peuplées de paysans ou de chasseurs, sont désormais désertes et silencieuses, saisies dans l’instant dramatique des aubes ou des crépuscules : ce ne sont plus des décors agrestes et familiers, aimables témoignages d’un temps, mais des tableaux intemporels qui, par leur solennité presque mystique, imprègnent et bouleversent le spectateur, invité à reconnaître parmi cette infinie variété de nuances l’exact reflet de ses propres émotions. ◼