Le marché de Noël

• Rédigé par Marc Bonnant - -

Pour être sûr de m’introduire au cœur de la scène sans me faire remarquer, je suis arrivé sur la place par cette petite perpendiculaire ombreuse où se trouvait, jadis, la gendarmerie. Affirmer que les lieux étaient noirs de monde serait mentir, mais malgré le mistral qui vivifiait l’air du soir, une belle affluence égayait les allées.

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Le repaire

• Rédigé par Marc Bonnant - -

Il y avait cette mandorle en bois accrochée au mur de la chambre ; elle abritait une icône céphalophore qui semblait surgir d’un mauvais rêve, avec ses paupières mi-closes et son expression martyriale. On l’avait disposée juste au-dessus du lit, ainsi qu’il était d’usage dans les maisons pieuses ; mais ici, au lieu d’une Vierge à l’enfant ou d’un Christ en majesté, figurait une sainte morte portant sa tête comme un trophée, allégorie du triomphe de la foi sur le supplice.

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Sémasiologie naturelle

• Rédigé par Marc Bonnant - -

L’acte de langage le plus élémentaire, celui de nommer les choses, nous est si naturel qu’il semble procéder pareillement à tous ces mécanismes fonctionnels conditionnant notre état de survie et relevant du système nerveux autonome ; on nomme comme on respire, c’est-à-dire sans s’en rendre compte, sans le vouloir ni même comprendre pourquoi et comment cela survient. 

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Infernu

• Rédigé par Marc Bonnant - -

Tout l’esprit des forêts est contenu dans une hypallage de Virgile : « Ibant obscuri sola sub nocte per umbram. » (Aen., VI.268) L’incertitude de cette nuit solitaire traduit-elle la crainte que le retour parmi les mortels ne soit pas la finalité du périple, puisque la porte de l’Averne, oubliée sitôt franchie, ne saurait être transgressée qu’une seule fois ?

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La dernière nuit

• Rédigé par Marc Bonnant - -

Lorsque je me fis conduire jusqu’à l’imposant portail de la propriété Veselý, j’ignorais que Jarmila Němec, régisseuse de l’agence du même nom, m’abandonnerait là, aux portes du domaine, non sans m’avoir confié aux bons soins d’un majordome à la figure cireuse qui nous y attendait, immobile, sous un parapluie irréprochablement assorti à sa longue gabardine noire. Bredouillant une fausse excuse, madame Němec ajouta avant de déguerpir que je n’aurai qu’à la joindre à son bureau, une fois la visite terminée, pour qu’elle vînt me récupérer au même endroit. Sur quoi, la Bentley repartit en trombe, me laissant là, un peu décontenancé, face à monsieur Horák, le domestique, qui, d’un geste ample, m’invita à le suivre. […]

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